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Alors que l’opération « Objectif Plein Emploi en France » débute le 10 juin au Palais des Congrès de Paris, sous le parrainage de Valérie Letard, Secrétaire d’Etat au développement durable, Monster, leader du recrutement en ligne vient de présenter les résultats de sa dernière enquête d’opinion sur la croissance verte. Selon cette enquête, plus de 60 % des Français interrogés estiment que le potentiel généré en terme d’emploi par le secteur de l’environnement est bien réel. Parmi eux, près de 30 % estiment que ce secteur offre de nombreuses opportunités mais près d’un sur trois pensent que les métiers verts sont encore méconnus, selon eux il serait important de travailler sur ce point.
L’opinion confirme les études.
Ces chiffres viennent confirmés les conclusions de nombreuses études qui démontrent le potentiel d’emploi lié à la croissance verte. Selon le Boston Consultin Group, ce secteur représentera 600 000 emplois en France à l’horizon 2020, par ailleurs près d’un actif sur deux sera impactés par le développement durable. Ces chiffres ont de quoi faire rêver, mais le potentiel de la croissance verte ne se transformera pas en emploi tout seul. Il doit être accompagné de politiques publiques visant à protéger l’environnement mais aussi d’une campagne importante de sensibilisation aux métiers du secteur.
Un engouement qu’il faut nuancer.
Cet engouement pour la croissance verte que l’on voit fleurir un peu partout aujourd’hui doit quand même être nuancé. En effet près d’un Français sur quatre estime que seulement une minorité de métiers seront voués à être « durable » et pour près de 15% c’est une mode qui n’a pas vocation à durer. Par ailleurs, probablement dû à un manque d’information, de nombreuses offres d’emplois « vertes » ou « vertes claires » ne trouvent pas preneur par manque de candidats. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’opération « Objectif plein Emploi ».
Sur son site, la Tribune publie les derniers résultats de son baromètre trimestrielle du marché de l’emploi en partenariat avec le spécialiste du recrutement Michel Page. Cette enquête effectuée auprès de plusieurs centaines de cadres dirigeants et responsables de haut niveau dénote une confiance limitée dans le gouvernement et ses actions sur l’emploi.
En effet depuis sa création en octobre 2007 (juste après l’élection de Nicolas Sarkozy), les dirigeants n’ont jamais été aussi peu (28 %) à penser que les actions du gouvernement favorisent la création d’emploi en France. Ce pessimisme est moins important en ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement pour favoriser la croissance avec 45 % d’opinion positive alors qu’il n’étaient que 33 % en avril 2008. Par ailleurs, et en dépit de ce manque de confiance accordée au gouvernement, les dirigeants n’ont jamais été aussi nombreux depuis janvier 2008 (41 %), à penser que la conjoncture est favorable à la réalisation de leurs objectifs.
Autre signe positif, les dirigeants sont de plus en plus nombreux à déclarer vouloir recruter au prochain trimestre ainsi la proportion passe de 46 % à 53 % de plus le sentiment de ne pas réussir à trouver de bons candidats passe de 53 % à 50 %. Toujours selon ce baromètre on continue d’observer un bon climat sociale dans les entreprises selon leurs dirigeants. Enfin le seul domaine où les mesures de gouvernement sont mieux perçues reste la compétitivité des entreprises à l’internationale où près de un tiers des dirigeants estiment que la politique du gouvernement est positive bien que près des deux tiers restant pense le contraire.
Interrogé par latribune.fr sur les données de ce sondage, Yves Renaud, directeur associé de Michael Page Executive Search, estime que ces chiffres montrent d’abord un certain fatalisme des chefs d’entreprise, en partie fatigués et résignés, qui pensent que l’Etat ne peut pas tout, notamment en matière d’emploi, face notamment à la mondialisation.
Ensuite, les réponses témoignent d’une crainte d’une reprise en W avec une amélioration dans le B to B (business to business, ventes entre entreprises) mais une dégradation qui risque de s’amorcer dans le B to C (vente finale aux particuliers, au consommateur) avec « un portefeuille des ménages en berne » et des chiffres dans le « retail », la distribution, le textile, l’agro-alimentaire qui inquiètent.
En matière d’emploi, cela se traduit par une poursuite de la rationalisation dans les activités de back-office (gestion administrative) telles la finance d’entreprise, les achats, la logistique.
