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  • Formation consultant employabilité et mobilité le 13/09/2010 à plus »

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Pensez vous qu’il soit possible de trouver un emploi durable pendant l’été ?

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Selon l’OCDE* (l’organisation de coopération et de développement économique) qui vient de publier ses perspectives pour l’emploi, « le pire est dernière nous ». En effet avec un taux de chômage moyen de 8,6 % en mai 2010 dans les pays membres de l’OCDE et 17 millions d’emploi perdus depuis le début de la crise, le marché de l’emploi viendrait d’atteindre son point critique.

Cependant l’OCDE avertit les gouvernement, il n’est pas question pour l’instant de relâcher leurs efforts. D’autant plus que la situation devrait s’améliorer lentement, augmentant du même coup le nombre de chômeurs de longue durée dont le reclassement restent le plus problématique.  «En dépit des signes de reprise dans la plupart des pays, le risque demeure que des millions de personnes perdent le contact avec le marché du travail», avertit le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria. L’organisation préconise notamment de recentrer les aides sur les dispositifs les plus efficaces comme la formation et l’allégement des charges visant les chômeurs de longue durée.

En France, l’OCDE remarque que la hausse du chômage a été plus faible que la moyenne observée dans les pays membres de l’OCDE seulement 2,1 %. Aujourd’hui, avec un taux de chômage de 9,9 %, la France se situe au dessus de la moyenne de l’OCDE. Comme dans tous les autres pays de la zone, le taux de chômage devrait commencer à diminuer pour atteindre 9,5 % à la fin de l’année 2011. «Il s’agit d’une reprise timide de l’emploi», commente l’OCDE.

* L’OCDE est composée de 31 pays : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, la Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l’Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Islande, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse, la Turquie.

Dans la longue litanie de nos maux professionnels : chômage de masse et durable, déficits sociaux, absentéisme record, harcèlements, faible qualification, carrières professionnelles trop brèves…le stress et la souffrance professionnelles sont devenus des constantes du discours médiatique, un mal rampant qui semble guetter chaque travailleur et dont les pouvoirs publics prennent désormais la mesure.

Il faut évidemment se demander pourquoi en France on semble tant être stressé par le travail, pourquoi aussi quelques années après leur installation en France des entreprises étrangères socialement avancées ou responsables (suivez notre regard) deviennent des employeurs ordinaires peu soucieux de la qualité de vie de leurs salariés ?

Tout d’abord qu’appelle-t-on le stress professionnel ?
la définition élaborée par les partenaires sociaux lors des accords de 2008 a le mérite d’être simple et claire :

« Le stress  survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face…. »

Le stress est donc une réaction psychologique face à des contraintes dans un environnement professionnel donné (nous oublierons ici le stress des départs en  vacances ou durant les courses au supermarché !)

Pourquoi les travailleurs français sont-ils stressés et le sont-ils plus que leurs voisins européens ?

  1. Ils sont stressés car ils ne comprennent plus (ou de moins en moins) le sens de leur travail. Tout être humain doit appréhender son travail dans sa globalité mais la société taylorienne ne donnait pas du sens au travail, elle recourait simplement à une main d’œuvre interchangeable et corvéable. Cette parcellisation des tâches perdure non seulement dans l’industrie (où elle est née) mais elle  s’étend désormais aux métiers de service (plateaux des call center ou caisses de supermarché). Si les besoins et aspirations des travailleurs se modifient les méthodes de management ou d’organisation quant à elles  ont du mal à suivre les aspirations nouvelles des travailleurs,
  2. Ils sont stressés car ils n’ont pas l’impression que leurs efforts et leur implication sont reconnus à leur juste valeur. Dans un pays où depuis l’école on décourage plus qu’on encourage il est rare d’entendre des paroles de remerciement pour un travail. Les cadres sont de moins des encadrants mais plutôt des spécialistes et les instances de médiation ou de participation font défaut partout. Les syndicats ne représentent quant à eux que 5 % des salariés du privé et n’ont guère d’autres pouvoirs que celui de bloquer ou de dire non.
  3. Ils sont stressés parce qu’on ne leur donne pas suffisamment de temps (les délais) ou d’espace (open space) pour travailler dans de bonnes conditions. Quand dans les années 90 dans nombre de services fonctionnels  il y avait 3 personnes les chasseurs de coûts en ont écarté deux et désormais on ne pare plus qu’aux urgences sans pouvoir anticiper ou maîtriser les dossiers.
  4. Ils sont stressés parce que dans un environnement complexe et exigeant chacun a besoin de temps de réflexion, de partage d’expériences ou d’expérimentation. Ces temps sociaux devraient être ceux de la formation professionnelle mais celle-ci est très peu continue en France. Six ans après la réforme de 2004 la formation ne reste qu’un ajustement contingenté et superficiel  au poste de travail réservé à une minorité de travailleurs. Ceux ne peuvent exercer simplement et régulièrement leur Droit à la Formation (DIF),
  5. Les nouvelles technologies et en particulier l’Internet facilitent la communication mais sont aussi sources de stress. Elles abrogent les distances et  le temps mais réclament une disponibilité totale : répondre aux mails trop vite (grave erreur), jongler avec le portable, le téléphone fixe et les clients est le lot commun des travailleurs de l’information,
  6. Ils sont stressés parce que la vie dans les grandes agglomérations est stressante : quand on emprunte la maudite ligne A du RER (mais la B n’est pas forcément une ligne touristique) ou qu’on retrouve tous les matins pendant des heures des milliers  d’automobilistes sur sa route avant espérer gagner son lieu de travail, le chemin de l’entreprise devient une route pavée d’énervements et de tensions diverses (les travailleurs rentrant chez eux le midi pour déjeuner en province ne connaissent pas leur bonheur) ,
  7. La réduction du temps de travail a également une responsabilité dans ce stress généralisé. Elle a raccourci le temps de travail mais pas les tâches qui demandent temps,  concentration et ne souffrent aucunes approximations ou décisions hâtives,
  8. Les rapports au travail sont devenus conflictuels.  Il est difficile d’être bien au travail si votre employeur n’a pas confiance en vous mais aussi si vos salariés profitent d’un droit du travail protecteur pour « buller » ou faire semblant de travailler.
    Le code du travail protège les salariés (les plus intégrés surtout avec leur CDI) mais il ne laisse quasiment aucune marge de négociation ou de discussion aux partenaires sociaux. Tout est strictement encadré, règlementé. En France, le contrat de travail semble le lien définitif identique à celui qui liait le serf à son seigneur.  Il est difficile (et coûteux) de dénouer sereinement un contrat de travail (même si la récente rupture  conventionnelle améliore la situation).
  9. Une certaine déresponsabilisation du corps social et des entreprises qui se reposent sur l’Etat providence ou  la collectivité pour prendre en charge les pathologies liées au travail. Un arrêt maladie ne devrait pas servir à gérer le stress, les difficultés professionnelles ou à guérir le  harcèlement, c’est pourtant notre principal (et coûteux) remède hexagonale,
  10. Le salariat et ce  fameux lien de subordination,  généralisé durant le  XX ème siècle,  est désormais mal supporté par les travailleurs. Ils veulent prendre des initiatives, être reconnus dans leur vie et leur travail, devenir autonomes et qu’on leur fasse confiance. Le travail indépendant  a un formidable avenir tant il correspond aux aspirations de nombreux citoyens  qui ne souhaitent plus aliéner leur liberté pour une bien illusoire sécurité professionnelle
  11. Le coût du travail est très (trop) élevé en France, nous sommes parmi les pays riches celui où le travail est le plus coûteux et les entreprises ont désormais toutes les peines à créer des richesses en  35 heures de travail par semaine, 5 semaines de congés payés par an et des jours fériés et congés plus  nombreux qu’ailleurs. Ce qui était possible quand la concurrence était faible et les frontières économiques fortes ne  l’est plus au temps de l’Internet (qui rapproche les hommes mais les met aussi en concurrence pour le travail).
    Un salarié agricole revient à 7,50 € par heure en  Allemagne contre 11 € en France. Chez  Renault le salaire horaire chargé d’un ouvrier  est de 35 € en France, moins de 2 € par heure (charges comprises) en Turquie dans une autre usine de la marque.

Le stress existe donc dans notre pays, il est multiforme (ne peut-on également évoquer le stress particulier de ces « travailleurs » sans réel affectation ni tâches et qui s’ennuient tout au long de leur interminable journée dans un improbable placard) multi-causes  et touche toutes les catégories professionnelles du livreur de pizza à l’industriel dans sa PME.  Sortir de cette spirale dépressive ne sera pas facile car les listes rouges, vertes ou oranges du ministère du travail n’y suffiront pas, nous devons reconstruire tout notre modèle professionnel et économique pour ce nouveau siècle.
L es vingt ans ou trente ans de retard social de notre pays ne pourront être comblés et dépassés que si nos concitoyens  acceptent de changer, de (se)faire confiance, d’évoluer et d’épouser enfin leur siècle.

Sur son site, la Tribune publie les derniers résultats de son baromètre trimestrielle du marché de l’emploi en partenariat avec le spécialiste du recrutement Michel Page. Cette enquête effectuée auprès de plusieurs centaines de cadres dirigeants et responsables de haut niveau dénote une confiance limitée dans le gouvernement et ses actions sur l’emploi.

En effet depuis sa création en octobre 2007 (juste après l’élection de Nicolas Sarkozy), les dirigeants n’ont jamais été aussi peu (28 %) à  penser que les actions du gouvernement favorisent la création d’emploi en France. Ce pessimisme est moins important en ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement pour favoriser la croissance avec 45 % d’opinion positive alors qu’il n’étaient que 33 % en avril 2008. Par ailleurs, et en dépit de ce manque de confiance accordée au gouvernement, les dirigeants n’ont jamais été aussi nombreux depuis janvier 2008 (41 %), à penser que la conjoncture est favorable à la réalisation de leurs objectifs.

Autre signe positif, les dirigeants sont de plus en plus nombreux à déclarer vouloir recruter au prochain trimestre ainsi la proportion passe de 46 % à 53 % de plus le sentiment de ne pas réussir à trouver de bons candidats passe de 53 %  à 50 %. Toujours selon ce baromètre on continue d’observer un bon climat sociale dans les entreprises selon leurs dirigeants. Enfin le seul domaine où les mesures de gouvernement sont mieux perçues reste la compétitivité des entreprises à l’internationale où près de un tiers des dirigeants estiment que la politique du gouvernement est positive bien que près des deux tiers restant pense le contraire.

Interrogé par latribune.fr sur les données de ce sondage, Yves Renaud, directeur associé de Michael Page Executive Search, estime que ces chiffres montrent d’abord un certain fatalisme des chefs d’entreprise, en partie fatigués et résignés, qui pensent que l’Etat ne peut pas tout, notamment en matière d’emploi, face notamment à la mondialisation.

Ensuite, les réponses témoignent d’une crainte d’une reprise en W avec une amélioration dans le B to B (business to business, ventes entre entreprises) mais une dégradation qui risque de s’amorcer dans le B to C (vente finale aux particuliers, au consommateur) avec « un portefeuille des ménages en berne » et des chiffres dans le « retail », la distribution, le textile, l’agro-alimentaire qui inquiètent.

En matière d’emploi, cela se traduit par une poursuite de la rationalisation dans les activités de back-office (gestion administrative) telles la finance d’entreprise, les achats, la logistique.

Avant fin 2010, un million de demandeurs d’emploi se trouveront en fin de droits à l’assurance chômage. Ils pourraient être 600 000 à se voir privés des minima sociaux, a estimé le président de l’Unedic, Gaby Bonnand.

Comment en est-on arrivé là ?

Même si le chômage est un problème récurent, il s’agit d’un effet direct de la crise économique. En outre, la faiblesse du redémarrage économique limite les possibilités d’une reprise d’activité en masse. Cela explique la progression rapide des demandeurs d’emploi en fin de droit (+18% comparé à 2009).

Un sujet sensible…

Face à cette situation sans précèdent et politiquement risquée, les différentes représentations politiques, professionnelles ou sociales se renvoient la balle. Mais c’est à l’Etat qu’ils font appel en évoquant une situation d’urgence.

Quelles conséquences ?

Le problème du chômage est récurant, mais 15 ans après la fameuse déclaration de François Mitterrand : « En matière de lutte contre le chômage, on a tout essayé », les conséquences deviennent plus préoccupantes car les effets de découragement se multiplient, créant une fracture des motivations. Il s’agit pourtant d’un élément déterminant dans la recherche d’emploi.

Seule une réelle reprise (croissance du PIB supérieure à 2.5 %) et un accroissement des moyens consacrés à l’accompagnement et à la « remotivation » des demandeurs d’emploi permettront de changer la donne.

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