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Selon l’OCDE* (l’organisation de coopération et de développement économique) qui vient de publier ses perspectives pour l’emploi, « le pire est dernière nous ». En effet avec un taux de chômage moyen de 8,6 % en mai 2010 dans les pays membres de l’OCDE et 17 millions d’emploi perdus depuis le début de la crise, le marché de l’emploi viendrait d’atteindre son point critique.
Cependant l’OCDE avertit les gouvernement, il n’est pas question pour l’instant de relâcher leurs efforts. D’autant plus que la situation devrait s’améliorer lentement, augmentant du même coup le nombre de chômeurs de longue durée dont le reclassement restent le plus problématique. «En dépit des signes de reprise dans la plupart des pays, le risque demeure que des millions de personnes perdent le contact avec le marché du travail», avertit le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria. L’organisation préconise notamment de recentrer les aides sur les dispositifs les plus efficaces comme la formation et l’allégement des charges visant les chômeurs de longue durée.
En France, l’OCDE remarque que la hausse du chômage a été plus faible que la moyenne observée dans les pays membres de l’OCDE seulement 2,1 %. Aujourd’hui, avec un taux de chômage de 9,9 %, la France se situe au dessus de la moyenne de l’OCDE. Comme dans tous les autres pays de la zone, le taux de chômage devrait commencer à diminuer pour atteindre 9,5 % à la fin de l’année 2011. «Il s’agit d’une reprise timide de l’emploi», commente l’OCDE.
* L’OCDE est composée de 31 pays : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, la Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l’Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Islande, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse, la Turquie.
Alors que l’Allemagne annonçait la semaine dernière à la surprise générale, un recul de son taux de chômage (voir Un recul inattendu du taux de chômage allemand), le taux de chômage espagnole vient de dépasser le pallier symbolique des 20 % (20,05 %) au premier trimestre 2010. Le nombre de personnes sans emploi s’est élevé à 4,612 millions, soit 286 000 personnes de plus qu’au trimestre précédent, et 602 000 de plus qu’un an plus tôt. Par ailleurs, le chômage n’avait pas dépasser la barre des 20 % en Espagne depuis le quatrième trimestre 1997.
La courbe du chômage a atteint son plus haut et devrais commencer à décroitre.
Depuis le troisième trimestre 2007, où il avait atteint un plancher historique à 7,95 %, le taux de chômage en Espagne ne cesse d’augmenter sous les effets de la crise mais aussi de l’éclatement de sa bulle immobilière. D’après le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, « le taux de chômage est arrivé à son niveau le plus élevé au premier trimestre et nous allons avoir une réduction du taux ». Par ailleurs, La ministre de l’économie, Elena Salgado, a reconnu qu’en dépassant les 20 %, le taux de chômage avait atteint un pic, mais elle a égallement rapellé que le gouvernement espagnol, prévoit un taux de chômage moyen de 19 % en 2010.
L’emploi reste subventionné en Espagne.
L’Espagne se trouve dans une situation économique et sociale préoccupante, pour preuve, les ressentes déclaration de l’Anfac, l’Association des constructeurs automobiles espagnoles, selon cette association, 16 400 emplois sont conditionnés par le prolongement de la prime à la casse par le gouvernement. Cette annonce intervient, alors que 70 % du budget alloué pour le prolongement de cette mesure en 2010 a déjà été consommé. Cette exemple peut paraitre anecdotique, mais il montre bien la situation excessivement difficile dans laquelle se trouve le gouvernement espagnol qui doit subventionné massivement son économie alors que sa dette ne cesse d’augmenter. En pleine crise grecque, au moment où l’on parle de contagion aux économies européennes, la situation de l’Espagne (et son voisin le Portugal) reste très inquiétante.
Santé psychologique et physique des travailleurs ont désormais la même importance pour les autorités.
Selon une étude de l’INRS, le durcissement de la législation et la reconnaissance des risques psychosociaux (stress, anxiété, dépression, harcèlement, suicide……) représente un coût social pour la société estimé en 2007 entre 1,9 et 3 milliards d’euros. Par ailleurs, l’AFSSET rappelle qu’en France, 27 % des consultations pour pathologies professionnelles sont liées à des troubles d’ordre psychique. Ce constat, largement accentué par la récente série de suicide à France Télécom a conduit les pouvoir publique à s’emparer du dossier en lançant un plan d’urgence pour la prévention du stress en entreprise.
De plus, rappelons que la cour de cassation (depuis l’affaire de l’amiante), considère que l’entreprise n’a pas seulement une « obligation de moyens mais également de résultat dès qu’il s’agit de la préservation de la santé des salariés« . Le délit de mise en danger de la vie d’autrui et le harcèlement sont jugées et condamnées. Ainsi, la dépression est aujourd’hui reconnue comme un accident du travail, une faute inexcusable de l’employeur ! Un autre aspect non négligeable du degrés d’implication des autorités : les entreprises qui s’engagent dans des restructurations devront désormais prévenir et présenter un plan d’action à la Direction Départementale du Travail.
Enfin, espérons que le rapport « bien être et efficacité au travail » remis au premier ministre en février inspirera les entreprises via ses 10 propositions pour améliorer la santé psychologique au travail.
Sur son site, la Tribune publie les derniers résultats de son baromètre trimestrielle du marché de l’emploi en partenariat avec le spécialiste du recrutement Michel Page. Cette enquête effectuée auprès de plusieurs centaines de cadres dirigeants et responsables de haut niveau dénote une confiance limitée dans le gouvernement et ses actions sur l’emploi.
En effet depuis sa création en octobre 2007 (juste après l’élection de Nicolas Sarkozy), les dirigeants n’ont jamais été aussi peu (28 %) à penser que les actions du gouvernement favorisent la création d’emploi en France. Ce pessimisme est moins important en ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement pour favoriser la croissance avec 45 % d’opinion positive alors qu’il n’étaient que 33 % en avril 2008. Par ailleurs, et en dépit de ce manque de confiance accordée au gouvernement, les dirigeants n’ont jamais été aussi nombreux depuis janvier 2008 (41 %), à penser que la conjoncture est favorable à la réalisation de leurs objectifs.
Autre signe positif, les dirigeants sont de plus en plus nombreux à déclarer vouloir recruter au prochain trimestre ainsi la proportion passe de 46 % à 53 % de plus le sentiment de ne pas réussir à trouver de bons candidats passe de 53 % à 50 %. Toujours selon ce baromètre on continue d’observer un bon climat sociale dans les entreprises selon leurs dirigeants. Enfin le seul domaine où les mesures de gouvernement sont mieux perçues reste la compétitivité des entreprises à l’internationale où près de un tiers des dirigeants estiment que la politique du gouvernement est positive bien que près des deux tiers restant pense le contraire.
Interrogé par latribune.fr sur les données de ce sondage, Yves Renaud, directeur associé de Michael Page Executive Search, estime que ces chiffres montrent d’abord un certain fatalisme des chefs d’entreprise, en partie fatigués et résignés, qui pensent que l’Etat ne peut pas tout, notamment en matière d’emploi, face notamment à la mondialisation.
Ensuite, les réponses témoignent d’une crainte d’une reprise en W avec une amélioration dans le B to B (business to business, ventes entre entreprises) mais une dégradation qui risque de s’amorcer dans le B to C (vente finale aux particuliers, au consommateur) avec « un portefeuille des ménages en berne » et des chiffres dans le « retail », la distribution, le textile, l’agro-alimentaire qui inquiètent.
En matière d’emploi, cela se traduit par une poursuite de la rationalisation dans les activités de back-office (gestion administrative) telles la finance d’entreprise, les achats, la logistique.
Le 15 février, nous vous informions de la relance du CV anonyme par le gouvernement grâce à une expérimentation pilotée par Pôle Emploi.
La discrimination à l’embauche
envoyé par Lexpansion.
Cette initiative vient de l’État en partenariat avec plusieurs Grandes Entreprises Françaises. C’est donc avant tout une réponse politique et stratègique pour traiter un problème bien réel, celui des discriminations à l’embauche.
Mais puisqu’il est ici question d’employabilité, essayons de confronter cette volonté à son objectif. car si l’intention est bonne, le résultat peut-être pervers.
Posons sans détour la question de l’utilité et même de l’efficacité d’une telle mesure.
En effet, le CV anonyme utilisé dans une stratégie de recherche d’emploi soulève plusieurs interrogations :
- L’absence de plus en plus fréquente des photos ou de l’âge, l’indication d’adresses postales plus « valorisantes », l’utilisation de lettres non manuscrite et la disparition du nom ne peuvent-elles pas contribuer à une « dépersonnification » néfaste in fine ?
- Face à l’idée d’une contrainte législative, comment imaginer l’utilisation d’un tel outil dans une PME ou un commerce de proximité, depourvus de services rh, où l’identité et le « feeling » sont des éléments déterminants ?
- Ces questions ne laissent-elles pas entrevoir l’émergence d’une nouvelle fracture entre les CV anonymes et les autres ?
Nous constatons frequemment que dans les processus de recrutement (même si l’entretien reste le lieu idéal de jugement), les CV « pauvres » en informations sont mal perçus et ne donnent pas forcement de chances supplémentaires ou l’envie d’en savoir plus. Le recruteur suppose souvent que l’absence d’informations masque un caractère ou un fait non assumé.
Or, ce qui fonde l’employabilité est avant tout une appropriation globale du « moi », du parcours et des potentialités.
Si l’idée du CV anonyme fait son chemin et part d’une bonne intention, la meilleure des pratiques est avant de tout d’utiliser le CV comme une vitrine où figurent en évidence les points forts alors que les points faibles seront indiqués en second plan.
Quoi qu’il en soit, ce trait d’union entre vous et votre recruteur doit garder toute son épaisseur.
Lancé en 2004 par Claude Bébéar, l’ancien patron d’Axa, dans un rapport intitulé «Des entreprises aux couleurs de la France», le CV anonyme pour lutter contre les discriminations à l’embauche (origine, sexe, âge…) est rendu obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés depuis la loi sur l’égalité des chances adoptée en 2006. Mais faute de décret d’application, cette pratique est très peu utilisée par les entreprises françaises.
Le président de la république a donné un nouvel élan à l’utilisation du CV anonyme avec le lancement à l’automne dernier d’une expérimentation nationale pilotée par Pôle emploi. Une cinquantaine d’entreprises volontaires participent à cette opération, toutefois, le secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, Laurent Wauquiez a précisé que le CV anonyme ne sera pas rendu obligatoire par une loi.
Des cabinets de recrutement participent également à cette expérimentation. Au sein de cette profession, les avis sont partagés, ainsi selon le l’Association A Compétence Egale qui regroupe une quarantaine de cabinets, « les pour et les contre se répartissent à 50/50″. Il est reproché au CV anonyme, son coût mais également les difficultés de mise en oeuvre en particulier pour les PME. Cependant, il semble qu’il existe un consensus au sein de la profession en faveur d’un CV « normalisé ». Pour cela, l’association A Compétence Egale réclame « l’interdiction par voie légale des informations suivantes : âge, date de naissance, photographie, situation de famille, nationalité »
Enfin, l’expérimentation lancée par le gouvernement se termine fin juin, mais en attendant son bilan, il est important de garder à l’esprit que les plaintes pour discrimination à l’embauche enregistrée par la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) sont passées d’environ 500 en 2006 à près de 1300 en 2009.
Source : Le Figaro
Le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) se félicite de la décision de Pôle emploi de relancer les comités de liaison au niveau départemental. Ces comités destinés à la concertation avec les organisations de défense des chômeurs et les syndicats avaient été instaurés dans chaque agence locale de l’ANPE dans le cadre de de loi contre les exclusions de 1998 par le gouvernement Jospin, sous la pression du mouvement des chômeurs de 1997.
Cette initiative qui n’avait pas fonctionné à l’époque vient d’être relancée, avec des thèmes élargis à l’indemnisation pour répondre notamment aux interrogations liées à la fusion ANPE-Assedic. Selon une circulaire adressée aux directeurs régionaux de Pôle emploi, « ces comités sont compétents pour traiter des thèmes liés à l’activité de Pôle emploi, dont les relations quotidiennes avec les demandeurs d’emploi ou les services dispensés par l’organisme ».
Ces comités, qui comprendront trois représentants d’organisations de chômeurs au lieu d’un précédemment, se réuniront au moins quatre fois par an dans les départements et deux fois par an nationalement, la première réunion nationale devant se dérouler avant le printemps, a-t-on précisé à Pôle emploi.
Par ailleurs, ces comités pourraient corriger le manque de représentativité des associations de défense des demandeurs d’emploi au sein du conseil d’administration de Pôle emploi puisqu’aucune d’entre elles n’est représentée. Les sièges étant répartis entre l’État, trois organisations patronales, cinq organisations syndicales et des élus.
Source : AFP
Selon une étude réalisée par l’Apec (Association pour l’emploi des cadres), le marché de l’emploi des cadres devrait rester en demie-teinte en 2010 malgrès le retour à la croissance annoncée par le gouvernement. Cette étude montre que les entreprises prévoit de recruter entre 130 000 et 138 000 cadres en 2010 soit une baisse comprise entre 4% et 10% par rapport à 2009. Cependant il est important de noter que le taux de chômage des cadres reste largement inférieur à la moyenne nationale avec un taux de 4,1 % en 2009 et 2,9 % en 2008.
Les jeunes diplômés (moins d’un an d’expérience) seront les plus impactés par ce phénomène avec un taux d’embauche qui devrait chuter en 2010 de 20 à 27 % aux bénéfices des jeunes cadres (jusqu’à cinq d’expérience) et des cadres confirmés.
Comme à son habitude le secteur des services est celui qui s’en sort le mieux avec une évolution des embauches situées entre -8 % et +1 %. Le secondaire est beaucoup moins bien loti avec un nombre de recrutement qui devrait chuter de 14 % à 23 % en 2010.
Les cadres qui se destinent à la R&D sont les plus chanceux en effet selon l’Apec, ce secteur pourrait représenter une embauche sur cinq en 2010. Les informaticiens et les commerciaux pourraient également bénéficier d’une situation plus avantageuse en terme d’emploi. Par ailleurs, l’Apec précise que les régions Bretagne et Languedoc-Roussillon profiteraient de conditions plus avantageuses que les autres régions françaises.
Enfin à plus long terme, l’Apec prévoit une amélioration du marché de l’emploi des cadres en 2011 et un recrutement encore plus important en 2012. Pour le président de l’Association, Éric Verhaeghe, qui s’appuie sur un modèle de prévisions à cinq ans, « en 2014, les entreprises embaucheraient 240.000 cadres, un niveau encore jamais atteint sur le marché ».
Source : Le Point
Le gouvernement défend son projet de « réorientation professionnelle » des fonctionnaires. L’emploi garanti dans la fonction publique ne serait bientôt plus qu’un vieux souvenir. Mais est-ce un bouleversement ?
Des dispositions déjà en vigueur.
Le texte prévoit que, s’il refuse trois offres d’emplois en remplacement de son poste perdu, un fonctionnaire s’expose à être mis en disponibilité (donc sans rémunération, ni affectation ni indemnité chômage), puis, après trois nouvelles offres, au licenciement ou à la retraite d’office.
Anticipant la levée de boucliers des syndicats, le Sénat a introduit des garde-fous comme l’obligation de proposer aux fonctionnaires des postes qui correspondent à leur niveau de qualification et proches de leur lieu de résidence.
Une situation qui soulève de vraies questions.
La possibilité de licencier un agent public lorsque son poste est supprimé et qu’il en refuse un autre existait depuis 1984, mais c’est dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) qu’interviennent ces nouvelles dispositions. Depuis 2007, c’est quelque 100.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés. La question est donc de savoir s’il s’agit d’un objectif de réduction des effectifs ou d’une réelle mobilisation en faveur d’une meilleure gestion des mobilités (et plus largement des Ressources Humaines) dans la fonction publique. Les syndicats ont déjà fait savoir qu’ils ne s’y tromperaient pas.
