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Chômage en hausse et croissance faible : des salariés exclus par manque de formation.
Pour le secrétaire d’État à l’emploi, Laurent Wauquiez, « Il faut former plutôt que licencier », cette idée revient désormais à chaque annonce de plan social. Alors que Pôle emploi vient encore d’annoncer une hausse du taux de chômage (+16,1 % en un an), que la croissance en France reste quasi nulle, la formation professionnelle apparait au niveau national et régional comme une solution pour maintenir les salariés en activité, les adapter aux évolutions de leurs métiers ou encore préparer une reconversion.
Des actions pour favoriser la formation professionnelle engagées dès 2008 :
- Contrats de transition professionnelle pour les licenciés économiques.
- Projet de loi sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie adoptée en 2009.
- Services publics régionaux de formation professionnelle pour ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi.
- Dispositifs d’aide des conseils régionaux (chèque formation, dispositif de qualification, fonds spéciaux …)
Les entreprises au même titre que les pouvoirs publics sont convaincues de l’impact positif de la formation continue sur les salariés. Ce sentiment est renforcé par le dernier baromètre annuel Agefos PME-Ipsos, réalisé fin 2009. Cette étude montre que même les plus petites entreprises considèrent la formation comme un levier « pour la remise à niveau des moins qualifiés ».
2009 : le repli
Avec la crise, en 2009 on a enregistré une baisse de l’accès à la formation. Plusieurs indicateurs illustre cette baisse :
- Constat de la Fédération de la formation professionnelle : baisse du chiffre d’affaires des organismes privés qu’elle représente (-2,1 % en 2009).
- Réduction du budget formation des entreprises et ce malgrè l’obligation légale de consacrer une partie de sa masse salariale à la formation (1,6 % pour les entreprises de plus de 20 salariés, 1,05 % de 10 à 19 salariés et 0,55 % pour les moins de 10). Or ces budgets formations sont proportionnels à la masse salariale et donc fonction de la conjoncture. En 2009 on a comptabilisé 2242 plans sociaux contre 1061 en 2008 : les masses salariales se sont donc considérablement réduit et par la même les budgets de formation.
Par ailleurs, quand les entreprises ne limitent pas le nombre de formations, elles en restreignent la durée. De ce fait, les formations proposées restent ciblées sur le poste occupé par le salarié et par conséquent sont moins valorisables sur le marché du travail. De ce fait, n’est pas profitable aux salariés hors de la structure dans laquelle il est déjà en poste.
Le Paradoxe
En temps normal, ce sont les titulaires de CDI et les salariés les plus diplômés qui sont les premiers bénéficiaires de la formation professionnelle. En temps de crise, ces salariés déjà avantagés par leurs formations, le sont encore plus au détriment des salariés peu formés ou en situation précaire alors que ces derniers sont le plus touchés par la crise. En effet, il apparait que « les entreprises évitent de former les salariés qui risquent de sortir de l’effectif », explique Marc Ferracci, chercheur à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée à un journaliste du Monde.
Toutefois, dans certains secteurs très fortement touchés par la crise comme l’automobile, des initiatives ont vu le jour. « Mais au niveau macroéconomique, on ne l’a pas observé, affirme Isabelle-Marion Vernoux du Céreq. Le fameux slogan de Wauquiez « former plutôt que licencier » n’a eu pour l’instant qu’un impact marginal ». Selon elle, pour être cohérent avec les objectifs de sécurisation de l’emploi fixé par les pouvoirs publics, « les entreprises doivent faire des provisions dans les périodes fastes pour financer des formations en cas de baisse d’activités, peut être qu’elles l’utiliseraient pour anticiper la reprise future ou permettre la reconversion des salariés ».
Source : Le Monde
« Avoir autant travaillé pour se retrouver dans une ZEP, non merci », ce discours tenu par une élève à la sortie de l’école Normale supérieure de Paris tend à se généraliser parmi les étudiants de cet établissement. Interrogée par un journaliste du Figaro, cette étudiante accompagnée de l’une de ses camarades précise qu’elles rêvent plutôt d’une carrière dans l’administration, de devenir journaliste, voire « de travailler dans la publicité ou la communication ». Affirmer son désir de travailler dans le privé n’est plus tabou au sein de cette organisation, le pantouflage comme l’appellent les étudiants est même revendiqué par certain dès leur entrée dans l’établissement. Bien que les trois quarts des normaliens s’engagent toujours dans l’enseignement une fois diplômés, la directrice de l’établissement reconnait « qu’ils sont de plus en plus nombreux » à se diriger vers le privé. L’établissement, crée par Napoléon 1er en 1808, s’éloigne peu à peu de sa vocation première, « former à l’art d’enseigner des lettres et des sciences ». Ainsi, l’association des normaliens en entreprise qui affiche 550 membres, compte dans ses rangs, avocats, banquiers, industriels, artistes ou journalistes. Les normaliens sont également nombreux à arpenter les couloirs des ministères, à prodiguer leurs conseils mais également utilisés comme plûmes pour les discours de nombreux responsables politiques.
Il est vrai que la rue d’Ulm (rue où se trouve l’école à Paris) a toujours fourni à la société bon nombre d’hommes politiques, d’écrivains ou de journalistes. Ainsi Aron, Sartre, Pompidou, Alain Juppé et plus récemment Laurent Wauquiez ou Nicolas Demorand peuvent témoigner d’un passage dans cet établissement. Mais pour les autres, cette désaffection de l’enseignement s’explique entre autre par la diminution des postes dans les universités françaises. Ainsi, le service carrière de l’association des anciens élèves, élèves et amis de l’ENS, voit se présenter chaque année un « nombre croissant de jeunes en difficultés », ou simplement déçus des possibilités qui leur sont offertes, certains « pouvant même être en total désarroi ». Les littéraires sont les plus touchés par ce manque d’opportunités intéressantes, ainsi bien qu’admis à l’agrégation, ils sont généralement affectés dans des établissement difficiles. « Sauf pour ceux qui ont la vocation, c’est d’autant plus un gâchis que le lycée n’est plus aussi élitiste qu’autrefois. Les normaliens sont en total décalage. De plus, ils ne sont pas sélectionnés sur leur sens de la pédagogie… », estime Dominique d’Hinnin, directeur financier de Lagardère et président de l’association des normaliens en entreprise.
Selon une enquête de juin 2008 intitulée « Quelle école normale supérieure pour le XXIe siècle », l’association des anciens élèves révèle que certains, « sans le renier explicitement, ne font même plus état de leur qualité de normaliens ! ». L’association craint du même coup que les jeunes issus des classes préparatoires ne s’intéressent plus à la formation dispensée par l’école. Alors qu’en Lettres, le nombre de candidats varie peu d’années en années, le taux de démission des scientifiques admis au concours augmente « de façon préoccupante », atteignant même les 50 % dans certaines disciplines. De plus, le nombre d’élèves littéraires qui entre à l’école pour obtenir le statut « confortable » de fonctionnaire stagiaire mais qui suivent leurs scolarité dans un autre établissement augmente. Avant, « c’était mal vu de faire une scolarité parallèle à HEC ou à l’Essec. On s’en cachait. Maintenant, c’est institutionnalisé. Il est demandé aux élèves de ne plus penser seulement à l’agrégation », explique Dominique d’Hinnin.
Pour faire face à ce changement de mentalité, l’école est en train de mettre en place des conventions avec d’autres établissements tels que le Cnam, HEC ou l’Essec. Par ailleurs, chaque année, deux normaliens sont admis de droit au CFJ (Centre de formation des journalistes) et ce depuis 2008. Un autre partenariat vient d’être mis en place avec l’Isit (l’institut supérieur d’interprétation et de traduction). Enfin, l’école vient de mettre en place sa propre formation à la préparation au concours de l’ENA où les élèvent obtiennent de très bons résultats.
